Appel à contributions :
L’immersion sous toutes ses formes : corps, médias, technologies

Ouvrage collectif — Publication prévue 2023

Pendant cinq jours en octobre 2020, le colloque « Immersivité et Innovations Technologiques » a réuni plus de cinquante chercheu.r.se.s et artistes autour des questions soulevées par la réalité virtuelle et les médias immersifs en général. Mobilisé.e.s par la question de l’immersivité médiatique et par les innovations technologiques afférentes, les intervenant.e.s de l’événement ont abordé des sujets allant des différents “-ramas” (panoramas, cyclorama, circorama, sensorama, etc.) à l’intelligence artificielle en passant par l’éventail des réalités étendues (augmentée, virtuelle, mixte, etc.). Ces conférences ont su remettre en question le caractère innovant des médias immersifs contemporains en ramenant à l’ordre du jour une perspective historique souvent évacuée dans les discours de l’industrie. Alors que ces derniers continuent d’alimenter le fantasme d’une immersion toujours plus totale, il est de notre ressort de proposer une réflexion sur le rôle du corps, des médias et des technologies dans le développement de l’immersion.

Le comité d’organisation du colloque « Immersivité et Innovations technologiques » vous propose de réunir nos réflexions sur tout type d’expérimentations immersives au sein d’un ouvrage collectif. Ce projet d’anthologie a été présenté à Santiago Hidalgo, codirecteur de la collection « Cinéma et technologie » (Amsterdam University Press), qui nous confirme son intérêt.

Comprendre les formes immersives contemporaines implique un éventail d’approches visant à déchiffrer la notion d’immersivité à travers différents contextes sociohistoriques, disciplinaires, technologiques et artistiques. Il nous apparaît également essentiel de développer une compréhension critique de la formation des fantasmes médiatiques associés à l’immersion. Comment l’histoire de l’art, la littérature, les études cinématographiques ou vidéoludiques ont-elles réfléchi l’immersivité? Est-ce que les apports des sciences du design peuvent s’arrimer facilement avec ces conceptions de l’immersion? Qu’est-ce que les pratiques immersives antérieures nous apprennent de l’idéal (encore irréalisé) d’une expérience virtuelle totalement englobante? Quels rôles le corps, l’espace et le récit jouent-ils dans la production et le maintien d’une expérience immersive? Quelles sont les visées esthétiques des œuvres qui tirent profit des dernières technologies immersives? À quelles fins les fonctions immersives des technologies sont-elles utilisées?  La réalité virtuelle et les autres avatars contemporains de l’immersion sont-ils parvenus, au fil de la professionnalisation de ces pratiques, et malgré leur adoption relativement lente par le grand public, à trouver leur cadre? Finalement,  peut-on reconnaître, au sein des conventions spécifiques à ces nouvelles formes qui émergent actuellement, des techniques de mise en espace et de mise en récit qui trouvent leur origine dans des formes antiques d’espaces imagés immersifs, pour reprendre l’expression d’Oliver Grau?

Dans le cadre de l’anthologie L’immersion sous toutes ses formes, nous sommes à la recherche de contributions qui sauront faire dialoguer les enjeux corporels, affectifs et technologiques de l’immersion. Nous encourageons les propositions qui remettent en question la nouveauté de l’immersivité et celles qui proposent de nouveaux regards sur les formations médiatiques dites « immersives ». Nous invitons les contributions touchant à ces questions dans l’une ou plusieurs des perspectives suivantes (sans nécessairement s’y limiter) :

  • (Pré-)histoire des médias immersifs (panoramas, cinéorama, sensorama, cinerama, etc.).
  • Les limites de l’immersivité (menaces et défauts).
  • Approches psychologiques et cognitives du concept d’immersivité.
  • La place du corps (agentivité, incorporation, impression de présence, les sens, l’affect, l’empathie).
  • Formats surdimensionnés (des Nymphéas à IMAX).
  • Situer l’immersivité (sites, lieux et espaces immersifs).
  • Suspension du jugement critique (automates, agents conversationnels et intelligence artificielle). 
  • Créer l’immersivité (scénarisation, programmation et production d’expériences immersives).
  • Enjeux économiques et logistiques liés à l’immersivité.
  • Institutionnalisation des formes médiatiques immersives.
  • (Photo)réalisme et autres conventions.
  • Systèmes immersifs d’éducation ou d’entraînement (médecine, aéronautique, armée, etc.).
  • Accessibilité et sécurité (approches universelles et inclusives à l’immersivité médiatique).
  Outre les contributions universitaires typiquement attendues dans ce genred’ouvrage, nous aimerions aussi proposer d’autres types de réflexions, qu’il s’agisse d’entretiens avec des artistes qui œuvrent dans le milieu des médias immersifs ou de toute autre forme de production intellectuelle que nous n’aurions pas considérée.

Si vous avez une idée de contenu, nous sommes tout ouïe!
 

Informations supplémentaires

En plus du projet d’anthologie, nous étudions plusieurs possibilités pour la publication des textes qui seront remis, et ce, en fonction du nombre de propositions et de leur langue. Les options que nous prévoyons incluent la publication d’un ouvrage collectif accompagné d’un numéro de revue thématique, selon les maillages thématiques des propositions reçues.

Soumissions

Le processus de soumission se déroulera en deux temps:

  1. Veuillez d’abord soumettre vos propositions à immersivite@gmail.com au plus tard le 15 juillet 31 juillet 2021 avec les détails suivants :  1) Titre; 2) une proposition de 500 mots + bio de 50 mots; 3) jusqu’à trois références clés; 4) jusqu’à cinq mots-clés; 5) la langue dans laquelle vous pourriez soumettre le texte (français et/ou anglais).
                
    Les réponses seront envoyées au mois de septembre.
  2. Les textes complets (25,000-35,000 signes espaces compris, excluant la bibliographie) devront être soumis pour évaluation au plus tard le 1er décembre 2021. Les textes pourront être envoyés à immersivite@gmail.com.

Comité éditorial

Philippe Bédard (Carleton University), Alanna Thain (McGill University) et Carl Therrien (Université de Montréal).